Edition 2018

 

 

Les Musicales d’Assy, en l’été 2018, resteront fidèles à leur projet initial qui est de proposer une programmation accordée au lieu qui nous accueille. Les ouvertures sont multiples, presqu’infinies, tant il est vrai qu’il est certains endroits où l’esprit souffle et tend à créer ses propres formes.

L’an dernier, par exemple, avait mis en lumière l’idée d’un renouveau de l’art sacré au XXème siècle, mais on pourrait tout aussi bien imaginer des manifestations qui graviteraient autour d’un astre unique et irradiant: Debussy, Beethoven, Stravinsky… À moins que la constellation ne se choisisse pour planète-mère un peintre, un philosophe, un poète ou une haute figure spirituelle.

En 2017, le centenaire de la mort de Léon Bloy avait été le fil rouge qui reliait les évènements. En 2018, la mort de Debussy et la fin de la Grande Guerre en fournissent un autre, celui d’un lever de rideau sur le vrai commencement du nouveau siècle. L’entre-deux-guerres et son cortège de vraies et fausses promesses sera donc un chapitre essentiel, mais non exclusif, de la troisième édition du festival. Loin de se cantonner à l’enclos du paysage français de ce temps, les musiciens regarderont aussi du côté de Vienne, et ne se refuseront pas une prospection musicale en amont et en aval du fatal aiguillage d’août 14, celui-là même qui devait lancer sans frein le train de la modernité vers des horizons souvent tragiques et toujours incertains.

Pour autant, le sens du tragique ne saurait se figer dans l’historicité, et le point d’orgue du festival sera un programme libre offert par François-René Duchâble. Il se produira au milieu des peintures, vitraux, tapisserie et autres fresques, sous le regard des artistes qui les ont précédés dans les murs, poursuivant sur une voie qui, à l’instar des vitraux de Rouault, abolit les frontières temporelles pour mieux s’ouvrir sur les champs de l’avenir.

Alexis Galpérine, Président d’honneur

Direction artistique: Pauline Klaus