FESTIVAL

« L’éclair me dure » : ces quelques mots du poète René Char pourraient nous parler de musique : moments rares, fulgurants parfois, mais qui débordent pourtant ce temps du présent, celui du concert, de l’écoute, pour nous accompagner et nous suivre bien au-delà. Du côté des compositeurs, ce temps qui dure se mesure à l’aune de l’Histoire et des filiations dans lesquelles chacun s’inscrit avec sa vision. Ainsi George Crumb et son œuvre Black Angels qui fait écho tant au Quatuor pour la fin du temps de Messiaen qu’à la guerre du Vietnam, Maurice Ravel et son Tombeau de Couperin composé en hommage à ses amis tombés à la Guerre de 14, ou Luciano Berio dont les Folk Songs revisitent le folklore européen.

 Pour leur 4e édition, Les Musicales d’Assy fêtent plus que jamais la musique comme lieu de rencontres et d’inspirations croisées, avec deux moments dédiés à la création : une commande passée au compositeur Vincent Lê Quang réunira musiciens du classique et du jazz autour d’une œuvre inspirée par le poète américain C. K. Williams, portée par la mezzo-soprano Amaya Dominguez. Le festival s’accompagne pour la première fois d’une exposition, accueillie par la galerie La Crémerie, consacrée au peintre Alexandre Galperine et à son œuvre à quatre mains avec René Char. Enfin, nous accueillons avec une grande joie la venue du clarinettiste Michel Portal, figure emblématique d’une musique sans frontières, naviguant librement entre improvisation et lyrisme raffiné d’un quintette de Mozart, qui ouvrira cette édition 2019.

Pauline Klaus, directrice artistique