Edito

Par Alexis Galpérine

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Il n’a échappé à personne, depuis plus d’un demi siècle, que la mythique église du Plateau d’Assy ne saurait se réduire à un lieu – aussi beau soit-il – où se sont donné rendez-vous, sur commande, quelques célébrités des arts plastiques de l’après-guerre.

A l’évidence, le projet ambitieux du chanoine Devémy et du père Marie-Alain Couturier n’avait rien à voir avec une réunion mondaine à visée publicitaire, ni même avec l’idée d’un simple manifeste en faveur d’un renouveau de l’art chrétien; et il n’est aucun visiteur qui n’ait eu le sentiment qu’il s’agissait d’autre chose.

Alors, de quoi parlons-nous exactement? Peut-être d’une tentative de réponse à la question infiniment difficile à l’époque d’un avenir possible pour une alliance trop vite condamnée, celle de la modernité et de la spiritualité; en replaçant l’art dans sa perspective originelle qui serait, selon la formule de Palestrina, de “conduire et de diriger l’âme des hommes”.

Les questionnements d’ordre historique, esthétique ou philosophique liés à une telle démarche ne manquent pas, et ce n’est pas le moindre mérite de Pauline Klaus, directrice artistique d’un festival qui veut donner un nouveau souffle à l’endroit, que d’en mesurer tous les enjeux.



Ainsi, de même qu’aujourd’hui on se refuse à enfermer la chapelle dans une dimension purement muséale, de même on ne peut se contenter d’ajouter une ligne à la liste déjà fournie des festivals d’été dans le paysage musical français. Si la musique est invitée à faire chanter les murs et les vitraux, en mêlant avec discernement les grandes pages du passé et des créations contemporaines, elle sera accompagnée d’une série de conférences, d’expositions, de projections de films, et peut-être de colloques, dont l’objectif avoué sera d’approfondir le sens de “l’œuvre ouverte” que nous avons reçue en héritage. Il m’importe d’exprimer ma reconnaissance envers l’équipe des Musicales d’Assy pour m’avoir offert le parrainage de l’entreprise.
En 2017, le centenaire de la mort de Léon Bloy – mon arrière-grand-père, qui fut l’ami incomparable de Georges Rouault – nous donne l’occasion d’une première collaboration, dont nous pouvons raisonnablement espérer qu’elle ira bien au delà de cette date symbolique.

Alexis Galpérine, Président d’honneur